Objet : MEMORENDUM DES EX-COMBATTANTS FDLR DESARMES VOLONTAIREMENT ET CANTONNES AVEC LEURS DEPENDANTS AU CAMP LT GEN BAUMA A KISANGANI.

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Nous, les Ex-Combattants FDLR désarmés volontairement et cantonnés avec nos dépendants au Camp Lt Gen BAUMA de KISANGANI, avons l’insigne honneur de saisir cette opportunité pour nous adresser à toute la Communauté Internationale, particulièrement à la SADC, au Gouvernement RD Congolais, aux Nations Unies et à la MONUSCO, tous parties prenantes dans le processus de désarmement volontaire et progressif de tous les Combattants FDLR, afin de soumettre à ces derniers nos préoccupations et doléances persistantes et qui méritent de leur part une attention particulière.

Nous rappelons de prime abord que le désarmement volontaire et progressif de tous ses Combattants a été initié par la Direction des FDLR et a été amorcé le 30 Mai 2014 en présence de la SADC entre les mains de laquelle ont été remis les armes et le personnel, du Gouvernement RD Congolais et de la MONUSCO représentant les Nations Unies en RD Congo, qui se sont tous engagés à soutenir et accompagner ce processus dont le but était la recherche d’une solution durable, par des voies pacifiques, aux conflits récurrents qui minent depuis plus de deux décennies la paix et la sécurité dans notre Région des Grands Lacs en général et notre patrie le Rwanda en particulier.

Tel que stipulé dans les arrangements et compromis régionaux et ressassé dans toutes les déclarations et discours de tous les officiels présents aux cérémonies et rencontres ayant trait à ce désarmement, ledit processus devait aller de pair avec l’ouverture d’un espace politique dans notre pays, résultant d’un dialogue politique inter-rwandais franc, sincère et hautement inclusif entre l’actuel Gouvernement de KIGALI et tous ses opposants politiques afin de stopper le flux d’un nombre de plus en plus croissant de personnes qui prennent toujours le chemin de l’exil et permettre le retour volontaire, en sécurité et en dignité, de tous les réfugiés rwandais disséminés à travers le monde entier.

Nous regrettons que ce processus se soit trouvé momentanément bloqué et soit actuellement au point mort suite à l’intransigeance et la mauvaise foi du Gouvernement de KIGALI qui a refusé toute idée de dialogue, suite également à la main molle de la Communauté Internationale qui n’a pas pu, jusqu’ici, faire entendre raison à ce Gouvernement comme elle s’y était préalablement engagée.

Entretemps, ce sont nous les pauvres cantonnés qui continuons à payer injustement les frais de cette impasse en menant une vie misérable à la limite de l’intenable comme nous n’avons cessé de l’exprimer dans nos différentes et multiples correspondances adressées aux diverses personnes physiques et/ou morales que nous croyions compatissantes et susceptibles d’y trouver des solutions satisfaisantes. Toutefois, nous gardons toujours l’espoir car sommes profondément convaincus qu’il existe encore des hommes épris de justice et d’humanité qui, tôt ou tard, pourront voler à notre secours.

En tant que citoyens de ce monde, partisans de la paix de surcroît, et ne constituant aucune menace pour la sécurité de qui que ce soit, nous estimons que nous avons droit à la jouissance de tous les Droits et Libertés de la Personne Humaine comme tout le monde. C’est dans cette optiques que nous haussons le ton pour revendiquer ces droits, et nous ne nous lasserons jamais de le faire tant que ces Droits seront bafoués ! Pour ce faire, nous prions toujours tous les partenaires directement impliqués dans ledit processus, d’avoir la bienveillance d’user de leur compétence et de leur influence pour examiner à leur juste valeur nos préoccupations et doléances leur soumises à maintes reprises pour une meilleure prise en compte de celles-ci.

A LA SADC.

Si nous nous adressons en premier lieu à la SADC, c’est parce qu’elle est censée jouer un rôle prépondérant dans ce processus, dans la mesure où c’est bel et bien à elle que la Direction des FDLR a confié la supervision et la gestion du processus de désarmement volontaire et progressif de ses Combattants et dans les mains de laquelle ont été remis l’armement et le personnel des deux premières vagues de Combattants désarmés volontairement ainsi que leur dépendants. Nous avons le sentiment que pour le moment la SADC, soit veut jouer les seconds rôles, soit elle n’a plus les coudées franches pour jouer pleinement son rôle. Le dernier passage d’un représentant de la SADC dans notre cantonnement remonte à Mai 2015 ! Nous avons adressé à cette dernière une abondante correspondance pour lui faire part de toutes les situations pénibles que nous vivons depuis Juin 2015 jusqu’à date, mais apparemment pas de réaction de sa part. Certains agents de la MONUSCO et les représentants du Gouvernement RD Congolais en arrivent même à nous déclarer que la SADC nous aurait totalement abandonnés ! Si tel n’est pas le cas, nous souhaiterions que la SADC puisse nous rendre encore une fois visite, et le plus tôt serait le mieux, compte tenu de l’acuité des problèmes que nous endurons sur terrain. En tout cas, nous voudrions profiter de cette occasion pour exprimer à la SADC notre profonde gratitude pour tous les services rendus et lui réitérer notre pleine confiance en elle ainsi que la lui a témoignée, par ailleurs, la Direction des FDLR.

Tout compte fait, et en attendant que toutes les conditions soient réunies pour un retour en sécurité et en dignité dans notre Chère Patrie le Rwanda, nous sollicitons, comme nous le faisons depuis un certain temps, qu’il soit mis fin à cette vie pénible de cantonnement qui perdure, et que la RD Congo soit épaulée en nous trouvant un autre pays d’accueil où nous pourrions séjourner en tenant compte, bien entendu, de notre sécurité.

AU GOUVERNEMENT RD CONGOLAIS :

Nous tenons à remercier encore une fois le Gouvernement RD Congolais et son peuple pour l’hospitalité offerte aux réfugiés rwandais depuis plus de deux décennies en général, et pour tous les efforts fournis pour notre hébergement et prise en charge en tant que cantonnés en particulier.

Comme nous l’avons exprimé au Ministre de la Défense RD Congolais lors de sa visite du 22 Septembre 16 dans notre cantonnement, nous voudrions lui réitérer nos doléances ci-après :

– Mettre un terme à l’isolement injuste et contraire au respect des Droits et Libertés de la Personne Humaine des Cadres ayant entrainé la séparation et la dislocation des familles qui dure bientôt deux ans, sans la moindre liaison ni physique, ni épistolaire, ni téléphonique avec les leurs.

– Faciliter l’accès des humanitaires à notre cantonnement pour assister les cantonnés actuellement en détresse, surtout les couches les plus vulnérables que sont les femmes et les enfants majoritaires au camp.

– Collaborer avec le HCR et faciliter ce dernier dans le processus d’octroi du statut de réfugié aux cantonnés.

A LA MONUSCO :

Nous saluons le rôle que joue la MONUSCO en matière de prise en charge depuis le début du processus, plus particulièrement son intervention humanitaire combien salutaire aux cantonnés de KISANGANI, surtout après que le Gouvernement RD Congolais se soit déclaré être à court de moyens et ait commencé à abandonner progressivement certaines de ses prestations.

Nous réitérons à la MONUSCO notre requête telle que formulée dans notre lettre lui adressée au 10 Janvier 2017 (dont le Secrétaire Général des Nation Unies n’est pas informé) la sollicitant de prendre totalement le relais du Gouvernement RD Congolais dans les domaines abandonnés par ce dernier, c’est-à-dire le volet sanitaire et hygiène, le volet alimentaire et le volet socio-culturel.

Nous nous en voudrions de ne pas signaler une situation horrible de non prise en charge des soins gynéco-obstétriques depuis Octobre 2016 et qui fait des ravages dans notre cantonnement où le nombre de cas d’avortements et de mort-nés prend des proportions alarmantes.

Nous profitons de cette occasion pour accuser bonne réception de la lettre de Son Excellence Monsieur Maman Sambo Sidikou, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Patron de la MONUSCO du 12 Février 2017 en réponse à notre lettre ci-haut mentionnée. Nous le remercions vivement d’avoir daigné réagir, bien que sa réponse ne soit pas satisfaisante à notre requête. Par ailleurs, sa lettre contient son assertion qui est aux antipodes de la vérité. Ladite assertion est libellée comme suit : « Conformément aux arrangements régionaux, le désarmement devait être suivi du rapatriement immédiat de ces éléments vers le Rwanda, leur pays d’origine ». Nous voudrions ici rappeler, comme si bien indiqué ci-haut, que notre désarmement volontaire diffère diamétralement d’une reddition pure et simple et qu’il est par contre conditionné à l’ouverture d’un espace politique et l’organisation d’un dialogue inter-rwandais. Néanmoins, le rapatriement volontaire se poursuit sans encombre via DDRRR-MONUSCO.

AUX NATIONS UNIES :

Les Nations Unies (O.N.U), créées sur les cendres de la Société des Nations (S.D.N) a pour buts entre autres la Prévention et la Résolution des Conflits tant internationaux que nationaux, ainsi que la Promotion de la Paix et de la Sécurité à travers le monde. Elle a résolu pas mal de conflits dans le monde : au LIBAN, au KOSOVO, en COTE d’IVOIRE, au BURUNDI, … avec succès. Elle est à pied d’œuvre en RCA, et en RD Congo. Curieusement, s’agissant du conflit rwandais, les Nations Unies se sont comportées d’une manière qui a surpris et confondu plus d’une personne.

– Le Rwanda a été attaqué par des troupes en provenance d’une armée régulière d’un pays frontalier, séance tenante à l’Assemblée Générale, aucune voix ne s’est élevée pour condamner cette agression de l’un des membres des Nations Unies !

– Au plus fort des massacres inter-ethniques qualifiés au début de « génocide rwandais », les Forces de la Mission des Nations Unies au Rwanda (MINUAR) ont plié bagages avec leurs chars et hélicoptères de combats, abandonnant ainsi les victimes, toutes ethnies confondues, à la merci de leurs bourreaux !

– Jusqu’à date, aucune Commission d’enquête n’a été mise sur pied par les Nations Unies pour faire toute la lumière sur l’attentat du 06 Avril 1994 contre l’avion du Président HABYARIMANA, élément déclencheur dudit « génocide » ; laquelle commission aurait pu déterminer les planificateurs et les exécutants de ce « génocide ».

– En Avril 1995, plus de huit mille (8000) déplacés de guerre de Kibeho (Rwanda) ont été massacrés par l’APR (devenue nouvelle armée nationale) en présence des Forces des Nations Unies (MINUAR), et un nombre plus élevé de personnes ont été portées disparues.

– Depuis Octobre 1996, la nouvelle armée rwandaise a attaqué les camps de réfugiés rwandais à l’Est de la RDC (Ex- ZAIRE) et massacré des centaines de milliers d’entre eux, les ont pourchassés jusque dans les fins fonds de la forêt congolaise jusqu’aux frontières avec les pays limitrophes du Congo. Les Nations Unies n’ont fait qu’évacuer leur personnel et les humanitaires, abandonnant ainsi les pauvres réfugiés à la merci de leur tueur : Le Gouvernement du FPR à Kigali. Et personne aux Nations Unies n’a levé le petit doigt, ne fut-ce que pour condamner ces massacres ignobles !

– Nous, les rescapés de ces massacres de 1996-1997, éparpillés dans les forêts de l’Est de la RD Congo, le même gouvernement de KIGALI a attaqué le Congo vers Fin 1998 dans le but de parachever notre extermination, et la chasse à l’homme se poursuit même jusqu’à présent par des rébellions interposées. Le MAPPING REPORT des experts Onusiens de 2010, toujours dans les placards des Nations Unies à New York, en dit long sur ces massacres.

C’est à la suite de cet abandon par les Nations Unies que les rescapés de tous ces massacres, dont nous-mêmes faisons partie, se sont résolus à prendre les armes pour se protéger. Nos frères Congolais n’ont pas été épargnés lors de ces massacres, eux qui en ont payé un lourd tribut : Plus de Six millions (6 000 000) de tués.

Avec le recul du temps, nous avions cru que les Nations Unies avaient pu prendre conscience des tenants et des aboutissants de ces guerres récurrentes qui gangrènent la Région des Grands Lacs en général et le Rwanda en particulier. C’est pourquoi nous avons pris la fermes décision de déposer et faire taire les armes pour la recherche d’une solution durable, par des voies pacifiques, espérant que les Nations Unies nous y aideraient.

L’on se demanderait alors pourquoi, et c’est là où le bât blesse, ces mêmes Nations Unies maintiennent toujours la même attitude de complaisance à l’égard de ce Gouvernement de KIGALI et, pire encore, nous mettent dans des conditions de vie pénibles pour nous contraindre à nous rendre sans condition aucune dans les mains de nos bourreaux !

De ce qui précède, nous voudrions prier les Nations Unies d’user plutôt de leur compétence et de leur influence, afin de faire pression sur le Gouvernement actuel de KIGALI pour qu’il accepte de s’asseoir autour d’une table ronde avec tous ses opposants politiques dans le but d’aplanir leurs divergences et décider ensemble des modalités, pratiques et sécurisantes pour tous, de gestion de notre pays. C’est la seule et l’unique voie efficace et efficiente pour régler définitivement le conflit rwando-rwandais et, partant, éteindre toutes les velléités bellicistes dans toute la Région des Grands Lacs. Et nous demeurons convaincus que les Nations Unies en sont capables.

Dans l’entretemps, nous supplions les Nations Unies, par le biais de ses branches : HCR, UNICEF, PAM,…dans le cadre de leurs attributions respectives, ainsi que de la Mission en RD Congo (MONUSCO), d’intervenir auprès de tous le réfugiés rwandais en RD Congo en général, et auprès des cantonnés que nous sommes pour leur rendre la vie humainement acceptable.

CONCLUSION

Nous les Ex-Combattants FDLR cantonnés, en désarmant volontairement, avons prouvé que nous sommes des partisans de la paix, et nous le sommes effectivement. Si nous nous adressons directement aux différents partenaires impliqués dans le processus de désarmement volontaire et progressif de tous les Combattants FDLR, c’est pour des raisons suivantes :

*A la SADC parce qu’elle est la principale actrice dans le processus de désarmement volontaire et progressif des Combattants FDLR.

*Au Gouvernement RD Congolais, parce que les Congolais sont une Nation de frères qui nous ont supportés dans notre calvaire pendant plus de vingt ans, au point d’en payer un lourd tribut en termes de perte de vie humaines comme ci-haut mentionné.

*Aux Nations Unies parce que ce sont les garants et protecteurs par excellence des Droits et Libertés de la personne humaine, représentées en RD Congo par la MONUSCO.

Par conséquent, nous estimons que nous sommes, nous les cantonnés, dans de bonnes mains et que nous ne devrions pas regretter d’avoir volontairement désarmé. Et nous espérons que nos préoccupations et doléances ci-haut leur soumises rencontreront leur assentiment et susciteront de leur part des réponses et solutions adéquates et satisfaisantes. Nous restons donc toujours optimistes et confiants.

VIVE LA PAIX, LA SECURITE ET LA CONCORDE ENTRE LES NATIONS !

Fait à KISANGANI le 01 Mars 2017
Pour les Ex-Combattants FDLR
Désarmés Volontairement et cantonnés au Camp Lt Gen BAUMA
A KISANGANI:
Maj Faustin MUGISHA

(Sé)

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